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Règlement Omnibus numérique de l’UE : pourquoi les entreprises doivent agir maintenant malgré le décalage du calendrier

21 décembre 2025

Male and female coworkers speaking in hallway

Principaux points à retenir

  • Le règlement Omnibus numérique de l’UE regroupe plusieurs propositions qui visent à simplifier et à harmoniser les principales règles de l’UE sur le numérique. Il inclut des modifications autour du règlement sur l’IA, du RGPD, du signalement des incidents et du consentement.
  • La proposition de règlement Omnibus numérique de l’UE vise à rationaliser la conformité tout en renforçant les attentes en matière de gouvernance de l’ensemble des règles de l’UE dans le domaine du numérique.
  • Attendre des clarifications définitives, en particulier sur la mise en œuvre du règlement européen sur l’IA, est susceptible de se retourner contre vous, car les directives arrivent et les délais se resserrent.
  • La meilleure approche consiste à créer une base de gouvernance connectée capable de s’adapter à mesure que les exigences se précisent autour des différentes réglementations.

 

L’Omnibus numérique de l’UE : qu’est-ce que c’est ?

L’Omnibus numérique de l’UE  (ou « projet de reglement Omnibus numérique ») est une initiative de la Commission européenne pour rationaliser et harmoniser la manière dont les principales règles numériques fonctionnent en pratique dans les États membres de l’UE.. L’objectif est de simplifier, mais sans pour autant limiter la responsabilité.

Concrètement, le règlement Omnibus numérique de l’UE est conçu pour rendre un ensemble de règles complexes et fragmentées plus faciles à appliquer, à interpréter et à faire respecter de façon harmonisée dans toute l’Europe. C’est important car beaucoup d’organisations ont des activités dans plusieurs pays ou sont soumises à différentes réglementations fragmentées.

Elles opèrent dans différentes régions, unités commerciales, avec différents fournisseurs et systèmes. Il est de plus en plus difficile de s’appuyer sur des approches de la conformité traditionnelles et déconnectées.

Une des caractéristiques de l’Omnibus numérique est qu’il ne se contente pas de toucher un seul domaine réglementaire. Il rassemble les attentes de plusieurs domaines de gouvernance historiquement distincts, notamment :

  • la gouvernance de l’IA
  • la protection des données
  • la cybersécurité et le signalement des incidents
  • le consentement et l’expérience de confidentialité
  • les risques et leur surveillance

Cette convergence est voulue. L’Omnibus numérique reflète un changement par rapport à la conformité segmentée, réglementation par réglementation, vers une gouvernance intégrée et opérationnelle, où les organisations doivent montrer qu’elles pratiquent une surveillance cohérente de l’IA, des données, de la confidentialité et des risques.

Pour cela, il faut plus qu’une simple coordination entre les équipes.

Une plateforme de gouvernance unifiée, capable de connecter les workflows, les justifications et le reporting entre les différentes fonctions et régions est nécessaire. C’est là que les plateformes telles que OneTrust s’imposent : en effet, elles permettent de mettre en place une gouvernance de la protection de la vie privée, des risques, des données, du consentement et de l’IA sur une même base, plutôt que d’avoir à gérer chaque obligation de manière isolée.

C’est la raison pour laquelle l’Omnibus numérique ne doit pas être considéré comme une simple modification réglementaire à venir. 

C’est un signal clair que les régulateurs européens s’attendent à ce que la gouvernance fonctionne comme un système de bout en bout. Les organisations qui s’appuient sur des outils fragmentés et une coordination manuelle auront du mal à suivre le rythme, tandis que celles qui investissent dans une gouvernance unifiée et évolutive seront mieux placées pour s’adapter à l’évolution des exigences.

Pourquoi le report du règlement européen sur l’IA est mal interprété

De nombreuses organisations voient les gros titres sur l’Omnibus numérique, en particulier concernant le règlement de l’UE sur l’IA, et pensent que cela leur donne plus de temps.

Ce n’est pas la bonne façon d’aborder la question.

Certes, quelques unes des propositions retardent ou réajustent le déploiement de certaines obligations du règlement européen sur l’IA, en particulier en ce qui concerne les exigences relatives à l’IA à haut risque, avec des dates limites repoussées à 2027 et au-delà, selon les types de systèmes et les normes associées.

Mais il ne s’agit pas de relâcher la pression.

Le message est qu’il faut se préparer de manière responsable, car l’application des obligations sera conditionnée au respect de jalons préparatoires et à la mise en place d’infrastructures partagées.

Ce changement crée un nouveau type de risque :

  • si vous attendez d’avoir une version définitive des exigences, vous risquez d’avoir à faire des changements dans l’urgence.
  • dans une organisation fragmentée, toute clarification apportée par le régulateur génère une réaction précipitée et non coordonnée entre les équipes.
  • si votre gouvernance est manuelle, chaque date d’échéance devient un projet, plutôt qu’un processus.

L’Omnibus numérique de l’UE rappelle qu’aujourd’hui, la conformité n’est pas une initiative ponctuelle. C’est un modèle opérationnel continu.

Pourquoi l’Omnibus numérique de l’UE est important pour votre entreprise

Même si le siège de votre organisation se trouve en dehors de l’UE, l’Omnibus numérique vous concerne si vous opérez déjà en Europe, si vous avez des clients en Europe ou si vous traitez des données personnelles de l’UE. Il s’applique également si vous déployez ou utilisez l’IA d’une manière qui affecte les marchés ou les utilisateurs de l’UE.

C’est d’autant plus important pour les entreprises :

  • qui ont plusieurs sites ou marques dans l’UE
  • dans lesquelles les décisions sont prises à la fois au niveau local et de manière centralisée
  • qui ont des piles technologiques partagées et des fournisseurs tiers
  • des secteurs réglementés (finance, santé, télécommunications, services essentiels)
  • avec des flux de données complexes entre les équipes marketing, analyse produit, RH et support client

Pourquoi ?

Parce que l’Omnibus numérique n’est pas une simple mise à jour juridique : il redéfinit la manière dont les obligations existantes doivent fonctionner ensemble en pratique. Il met la pression sur la façon dont les organisations gèrent la gouvernance dans les régions, les systèmes, les tiers et les processus métier essentiels.

À mesure que les attentes en matière de gouvernance de l’IA, de protection des données, de déclaration des incidents et de consentement s’harmonisent, on exige de plus en plus des organisations qu’elles démontrent que leur surveillance opérationnelle est cohérente — et pas seulement qu’elles aient des politiques alignées.

Pour les équipes européennes, le plus grand risque consiste à présumer que le siège traitera ces exigences plus tard.

Dans la pratique, les opérations locales sont souvent les premières impactées, car les régulateurs régionaux, les pratiques locales et les attentes des clients entrent en conflit. Les organisations qui soutiennent les équipes régionales avec une visibilité partagée et une gouvernance connectée, plutôt qu’avec des outils déconnectés et une coordination manuelle, sont mieux placées pour répondre aux évolutions de l'omnibus numérique.

Le véritable risque d’une gouvernance fragmentée

Lorsque la conformité est gérée par le biais d’outils, d’équipes et de processus déconnectés, avoir plus de temps ne réduit pas le risque.

Cela augmente l’incertitude.

C’est la situation dans laquelle de nombreuses organisations se trouvent aujourd’hui. Les responsabilités en matière de gouvernance se sont développées de manière organique au fil du temps, souvent en réponse à des réglementations, des audits ou des incidents particuliers. Le résultat est un patchwork de systèmes et de responsabilités fragmentées qui peut sembler gérable en théorie, mais qui s’effondre sous la pression, en particulier lorsque les attentes commencent à se concrétiser.

La fragmentation se manifeste souvent de la manière suivante dans les entreprises :

  • les équipes de protection de la vie privée gèrent les obligations du RGPD dans un système – ou dans des feuilles de calcul et des lecteurs partagés – basé sur des registres, des demandes et des évaluations.
  • les équipes de sécurité assurent le suivi des incidents, les enquêtes et le reporting dans des outils distincts, avec une visibilité limitée sur la confidentialité ou l’impact réglementaire.
  • les équipes de gestion des risques tiennent leurs propres registres, mesures et cycles de reporting, déconnectés des activités quotidiennes autour des données et de l’IA.
  • la gouvernance de l’IA intervient de manière inégale dans les équipes produit, data science, juridique et conformité, souvent sans cadre de référence commun ni supervision harmonisée.
  • la gestion du consentement et des préférences varie d’un site Web à un autre, selon les applications ou les régions, ce qui crée des expériences utilisateur divergentes et des risques de non-conformité.

Individuellement, il est possible que chaque équipe atteigne ses propres objectifs. Mais collectivement, l’organisation n’a pas de vision unique ni harmonisée de la gouvernance.

Cette absence de connexion crée de véritables lacunes opérationnelle :

  • pas de visibilité unifiée sur l’intersection entre les données, les systèmes d’IA et les risques à l’échelle de l’entreprise
  • pas de méthode harmonisée pour montrer comment les décisions ont été prises, revues et validées
  • pas de traçabilité fiable couvrant l’ensemble des régions, des systèmes et des fonctions
  • pas de méthode capable d’évoluer pour absorber les exigences des nouvelles règles, normes et directives

C’est là que l’Omnibus numérique de l’UE devient plus qu’une simple mise à jour réglementaire.

En harmonisant les attentes en matière de gouvernance de l’IA, de protection des données, de déclaration des incidents et de consentement, l'Omnibus numérique de l’UE augmente la pression sur les modèles opérationnels construits autour de responsabilités cloisonnées et d’une coordination manuelle. À mesure que l’application de la loi devient plus coordonnée, les entreprises doivent pouvoir démontrer non seulement qu’elles sont conformes dans des domaines particuliers, mais également qu’elles ont mis en place une gouvernance qui fonctionne comme un système connecté.

C’est la raison pour laquelle l'Omnibus numérique de l’UE ne doit pas être abordé comme une échéance fixe ou une contrainte de conformité immédiate. Il est préférable de le comprendre comme un signal de l’évolution des attentes en matière de gouvernance dans les équipes, les régions et les domaines de risque, et pas seulement de la façon dont chaque loi est interprétée.

Pourquoi la capacité à s’adapter est un atout

Les organisations qui gèrent efficacement l’évolution réglementaire ne cherchent pas à maîtriser chacun des détails à venir. Elles se concentrent sur le renforcement des programmes de gouvernance existants afin de pouvoir s’adapter à l’évolution des attentes.

Agir dès maintenant présente quatre avantages concrets :

  1. Réponse plus rapide lorsque les exigences se concrétisent. Lorsque des normes, des modèles, des directives ou des exigences sont officialisés, les organisations préparées peuvent agir rapidement. Les organisations non préparées perdent des mois à s’aligner en termes de responsabilité et de processus.
  2. Coût significativement inférieur à celui d’une remédiation réactive. La conformité réactive est coûteuse car elle est perturbe les opérations. Les responsables sont mobilisés dans des revues urgentes, des reprises et des réalignements constants avec les parties prenantes.
  3. Une gouvernance plus cohérente entre les pays et les équipes. L’UE s’oriente vers l’harmonisation. Les entreprises qui peuvent démontrer qu’elles assurent une surveillance cohérente dans toutes les régions réduisent les risques et les frictions internes.
  4. Renforcement de la confiance des clients et des partenaires. La confiance n’est pas un élément de communication. Elle doit être concrète. Si vous pouvez prouver que vous gérez les données, la conformité, les incidents et les décisions d’IA, vous gagnerez plus rapidement la confiance de vos clients, de vos partenaires et des régulateurs.

En quoi consiste concrètement la préparation

Il ne s’agit pas d’essayer de finaliser les nouvelles exigences de conformité dictées par l’Omnibus numérique dès aujourd’hui. La préparation consiste plutôt à consolider les bases de la gouvernance dont vous aurez besoin à mesure que les propositions se concrétiseront et que les attentes évolueront.

Voici plusieurs idées à exploiter :

1. Connectez la gouvernance de l’IA, de la protection de la vie privée, des données et des risques

Si la gouvernance de l’IA est séparée des autres, certaines de vos initiatives seront dupliquées et vous manquerez des interdépendances. La gouvernance connectée implique des processus, une responsabilité et un reporting partagés.

2. Partagez la visibilité entre les régions

Les équipes régionales et centrales ont besoin d’une vue commune sur les politiques, les évaluations, les mesures de contrôle, les fournisseurs, les incidents et la posture de consentement. Sans cela, il n’y a pas d’harmonisation, mais une série d’exceptions locales.

3. Passez d’un fonctionnement par projets ponctuels à des workflows reproductibles

La conformité est fragile lorsqu’elle repose sur la mémoire, le dévouement des individus ou des relances manuelles dispersées. Des workflows reproductibles réduisent la charge opérationnelle, sécurisent les processus et vous permettent de rester prêts à répondre à l’évolution des exigences.

4. Construisez une piste d’audit justifiable

Quand les dispositions devront être respectées, la question ne sera pas seulement de savoir si vous êtes conforme, mais aussi de pouvoir démontrer que vous gouvernez de manière responsable. Cela nécessite une traçabilité des preuves sur les décisions prises, les validations, les évaluations, la surveillance et la gestion des changements.

C’est là qu’une approche par plateforme centralisée devient précieuse, non pas parce que les outils suffisent pour être conforme, mais parce que la gouvernance ne peut pas fonctionner lorsqu’elle est construite sur des systèmes déconnectés.

Ce qu’il faut faire maintenant

La réforme Omnibus numérique de l’UE est une indication que l’Europe cherche à simplifier les règles, mais que les attentes opérationnelles sont augmentées.

Ainsi, il ne faut pas suspendre les décisions de gouvernance pendant que les propositions sont débattues.

L’étape suivante consiste à évaluer si votre organisation peut gérer la gouvernance en tant que système connecté, entre plusieurs pays et équipes et dans un contexte d’exigences changeantes.

Pour de nombreuses entreprises, cela signifie qu’il faut mettre un terme aux solutions ponctuelles fragmentées et aux processus manuels pour adopter une approche qui unifie :

C’est le défi que OneTrust s’est donné pour mission de relever : aider les organisations à mettre en place une gouvernance pour la protection de la vie privée, la gestion des risques, des données et de l’IA sur une base unique, afin que les évolutions concernant la conformité soient gérables et non perturbatrices.

FAQ

Certaines propositions modifient les calendriers et les mécanismes de mise en œuvre progressive de certaines exigences du règlement européen sur l’IA, en particulier en ce qui concerne les systèmes à haut risque. L’objectif n’est pas de déréglementer, mais de recaler la mise en application en lien avec les normes, les directives et les jalons de préparation.

Certaines propositions modifient les calendriers et les mécanismes de mise en œuvre progressive de certaines exigences du règlement européen sur l’IA, en particulier en ce qui concerne les systèmes à haut risque. Mais l’intention n’est pas de déréglementer. Il s’agit d’un réajustement lié aux normes, aux directives et aux étapes de préparation.

Parce que plus on attend, plus les coûts et les perturbations engendrées augmenteront. Lorsque les directives et les normes seront prêtes, les entreprises qui ne disposeront pas d’une gouvernance connectée seront contraintes de faire des changements dans l’urgence, en particulier dans les différentes régions.

Les entreprises doivent se concentrer sur le renforcement des bases de leur gouvernance : connecter la protection de la vie privée, les risques, les données et la surveillance de l’IA; aligner la responsabilité dans toutes les régions et créer des workflows reproductibles avec une traçabilité claire.

OneTrust aide les organisations à rassembler la protection de la vie privée, les risques, la gouvernance des données, le consentement et la gouvernance de l’IA dans des workflows et des rapports connectés, ce qui facilite l’adaptation à l’évolution des exigences de l’UE, sans qu’elles aient à reconstruire leur programme à chaque changement.


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